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Jean ARP, 1886-1966
Trois bols, 1938/1955 Forme III de Colonne à éléments interchangeables.

Plâtre d’atelier. Hauteur 44,5 cm – Largueur 20 x 20 cm.

Le motif de trois bols « empilés » évoque certaines œuvres en bois tourné polychrome de la fin des années dix réalisées en collaboration avec Sophie Tauber – Arp.

Trois bols est l’un des trois éléments superposés (dénommés respectivement Forme I, Forme II et Forme III où Trois bols), composant la sculpture Colonne à éléments interchangeables déclinée en trois variantes, de formats et matériaux divers. Il est à noter que Forme I et Forme II  sont identiques mais positionnées dans la colonne sous des angles différents.

La sculpture complète Colonne à éléments interchangeables, est réalisée à très peu d’exemplaires, dont sont répertoriés, un plâtre de 1938 (hauteur 114 cm), un moulage en ciment et deux plâtres de 1955 (hauteur 165 cm), un moulage en ciment de 1974 (hauteur 845 cm).

Deux des trois éléments, Forme I et Forme II, sont également combinés avec des sculptures différentes.
Un moulage en bronze de Forme I est incorporé comme socle pour la sculpture n°2/2 en pierre calcaire Rêverie silencieuse, de 1937, (Kai Fisher, page 253, référence 36) qui devient alors  Colonne de rêve, de 1958, (Kai Fisher, page 292, référence 137, et page 312, référence n°172), et le moulage en bronze de Forme II est incorporé comme socle pour la sculpture en bronze Ganymède, de 1954 (Kai Fisher, page 292, référence 137, et page 290, référence n°132).

Le moulage en bronze de Forme III ou Trois bols (Fondeur Susse 1956) constitue une œuvre autonome, transférée en 1977 de la Fondation Arp à Clamart à la Fondation Jean Arp de Locarno (Kai Fisher, page 292, référence 137) dont les dimensions (44 x 19,2 x 19,2 cm) sont pratiquement identiques au présent plâtre, non référencé jusqu’à ce jour, qui serait donc l’unique exemplaire en plâtre indépendant de la colonne complète.

Provenance :
– Collection André Mounier, ami et collaborateur de Arp.
–  Succession André Mounier.
– Collection Bernard Marcatté.
– Collection Anne Unterman, Anvers.

Bibliographie :
Hans Arp. Sculptures – A critical survey. Kai fisher, édition Hatje Cantz, Arie Hartog, 2012.
Reprise et mise à jour des catalogues raisonnés antérieurs.
Page 260, référence n°53, première version 1938.
Page 292, référence n°137, deuxième version, 1955, dont les côtes correspondent à notre plâtre.
Page 293, référence n°137a, troisième version monumentale, 1974.

© Photos Hughes Dubois. Archives Galerie 54

Une collection de six plâtres originaux de Jean Arp

« Le plâtre le fascinait et il s’étonnait de voir comment, encore humide, il se solidifiait. Ses plâtres n’ont rien à voir avec les plâtres de la sculpture traditionnelle. Ce n’est pas la seule raison de leur valeur inestimable puisqu’il faut également relever que ses modèles en plâtre sont toujours à la base de ses pièces en marbre, en pierre ou en granit. Le tirage des versions en bronze – qu’il confiait à un fondeur – ne connaissait jamais plus de trois ou de cinq exemplaires et il les voulait toujours réalisées selon la méthode de la cire perdue, un procédé qui n’abîme pas le plâtre. »
(Greta Stroeh (1939-2001), ancienne directrice de la Fondation Arp de Meudon, 1973)

Ludique et poétique, les sculptures de Arp partent toujours d’un plâtre qu’il a lui-même modelé à la main.
Dès 1930, il réalise ses premières sculptures avec ce matériau. Vers 1958, au faîte de sa notoriété, pour satisfaire la demande croissante, Arp s’entoure d’assistants dont le mouleur Capelli et les sculpteurs Santelli, Tarabella, Antoine Poncet … et André Mounier, qui travaillera avec lui dans son atelier.

Parmi les plâtres, certains sont des moulages de l’œuvre définitive qui parfois étaient offerts par l’artiste à son entourage ou à des institutions. Ces tirages sont souvent réalisés des années après la création du modèle original. Ils sont souvent soclés et en bon état de conservation.

La plupart sont des  plâtres de travail au plus près de l’acte de création, comportant de nombreuses variantes, aidant l’artiste – assisté de ses collaborateurs – dans le processus d’élaboration de l’œuvre, ce qui est le cas pour quatre des présents plâtres, provenant de la collection de son assistant André Mounier, et pour l’un, de la collection du fondeur Gilbert Clémenti.
Citons plus spécifiquement les plâtres destinés à la « mise au point » du marbre ou à la fonte du bronze.
Un  plâtre destiné au tailleur de pierre dit « metteur au point », en charge de la  traduction en marbre, comporte des repères métalliques, ce qui dans la présente collection est le cas de L’ami du petit doigt provenant également de la collection André Mounier.
Un plâtre destiné au fondeur pour la traduction en bronze est recouvert d’une patine brune due à l’agent de démoulage, gomme laque ou savon noir, la présente collection n’en comporte pas d’exemplaire.

La Fondation Arp ne délivre pas de certificats pour les plâtres.

Photo gauche. Colonne à éléments interchangeables, plâtre original, 1938. Staatsgalerie Stuttgart.
Sur cette photo de bonne qualité la similitude des deux éléments de base et du sommet (Forme I et Forme II) apparaît nettement bien qu’ils soient orientés différemment.

Photo centre. Colonne à éléments interchangeables, ciment, 1955. Fondation Pierre Gianadda.

Photo droite. Colonne à éléments interchangeables, 1974. Version monumentale en ciment. Skulp Tour, Basel.

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